En 1980, dix prénoms dominaient les naissances masculines au Québec. Ils étaient partout, dans les classes, dans les cours d'école, sur les listes de hockey. Aujourd'hui, certains ont survécu. D'autres ont presque disparu. Et trois sont disparus.
On a épluché les données officielles de Retraite Québec de 1980 à 2024 pour faire le portrait de chacun. Du #10 au #1.
Le bilan en chiffres
Sur les 10 prénoms du top masculin de 1980 :
4 survivants : encore présents avec plus de 40 naissances par année en 2024 : Alexandre, Simon, Daniel, Philippe.
3 quasi disparus : moins de 20 naissances par année : Guillaume, Francis, Frédéric.
3 disparus : moins de 5 naissances par année, hors top : Pascal, Steve, Stéphane.
#10 Guillaume : la longue descente
1980 : 635 naissances (#10) → 2000 : 319 (#26) → 2024 : 8 (#497)
Guillaume a bien résisté jusqu'en 2000 (encore #26 avec 319 naissances). Mais la chute s'est accélérée dans les années 2010. En 2024, il n'en reste que 8 naissances par année, au rang 497. Une chute de 99% en 44 ans. Il survit à peine.
#9 Pascal : disparu dès les années 1990
1980 : 636 naissances (#9) → 2000 : 48 (#112) → 2024 : moins de 5 (hors top)
Pascal était un prénom phare des années 1970–80. Dès les années 1990, la chute a été rapide et sans retour. Dès l'an 2000, il n'était déjà plus que #112 avec 48 naissances. En 2024, moins de 5 bébés Pascal naissent au Québec chaque année.
#8 Daniel : le discret qui tient bon
1980 : 643 naissances (#8) → 2000 : 125 (#48) → 2024 : 59 (#113)
Daniel a perdu 91% de son volume depuis 1980, mais il tient bon encore. Intemporel et international, il continue d'être choisi par quelques familles chaque année. C'est l'un des prénoms de 1980 les plus stables proportionnellement. Un survivant discret.
#7 Francis : quasi disparu
1980 : 682 naissances (#7) → 2000 : 171 (#42) → 2024 : 6 (#618)
Francis a tenu bon dans les années 1990 et 2000, mais sa chute s'est accélérée après 2010. En 2024, il est au rang 618 avec 6 naissances seulement. Un prénom qui a perdu 99% de son volume en 44 ans.
#6 Steve : un prénom éteint dans les années 1980
1980 : 687 naissances (#6) → 2000 : 11 (#359) → 2024 : moins de 5 (hors top)
Le prénom Steve est mort avec les années 1980–90. Dès 2000, il était déjà au rang 359 avec seulement 11 naissances. Un prénom très anglophone qui n'a pas survécu au virage culturel québécois des années 1990 ? La chute la plus rapide du groupe avec Stéphane.
#5 Stéphane : la disparition la plus spectaculaire
1980 : 703 naissances (#5) → 2000 : 16 (#267) → 2024 : moins de 5 (hors top)
Stéphane était #5 en 1980. Dès 2000, il avait plongé à #267 avec seulement 16 naissances. En 20 ans, il avait perdu 98% de son volume. C'est le prénom qui a disparu le plus vite de tout le top 10, une chute aussi soudaine que spectaculaire.
#4 Philippe : le grand survivant
1980 : 763 naissances (#4) → 2000 : 357 (#23) → 2024 : 76 (#92)
Le prénom Philippe est le champion du groupe. Pendant que Stéphane et Steve disparaissaient dès 2000, Philippe se maintenait encore à 357 naissances et au rang 23. En 2024, il est encore #92 avec 76 naissances, de loin le meilleur résultat du top 10 de 1980. Un prénom classique, élégant, qui a traversé les générations avec une dignité remarquable.
#3 Frédéric : une longue agonie
1980 : 808 naissances (#3) → 2000 : 152 (#43) → 2024 : 14 (#325)
Frédéric a connu une descente longue et progressive, toujours présent dans les années 1990 et 2000, mais en chute constante. En 2024, il atteint le rang 325 avec 14 naissances. Il survit, mais à peine. -98% en 44 ans.
#2 Simon : encore là, mais loin de sa gloire d'autrefois
1980 : 968 naissances (#2) → 2000 : 441 (#14) → 2024 : 40 (#149)
Simon a bien résisté dans les années 1990–2000, restant dans le top 15. Mais la chute s'est accélérée dans les années 2010. En 2024, il est au rang 149 avec 40 naissances, encore présent, mais loin de son ancienne gloire.
#1 Alexandre : la longévité la plus remarquable
1980 : 999 naissances (#1) → 2000 : 761 (#2) → 2024 : 61 (#111)
Le roi de 1980 a régné longtemps. Encore #2 en 2000 avec 761 naissances, une performance extraordinaire pour un prénom de sa génération. C'est seulement dans les années 2010 que la chute s'est vraiment accélérée. En 2024 : rang 111, 61 naissances. La longévité la plus remarquable du groupe.
Pourquoi certains prénoms disparaissent-ils aussi vite?
Les prénoms suivent des cycles culturels. Certains, comme Stéphane ou Steve, sont intimement liés à une époque : les années 1970–80 et portent avec eux une connotation générationnelle qui les rend difficiles à transmettre à la génération suivante.
D'autres, comme Philippe, Alexandre ou Daniel, ont une dimension plus intemporelle ou internationale, classique, sans marqueur générationnel fort ce qui leur permet de traverser les décennies avec plus de grâce.
Et certains reviendront peut-être. Pascal, Francis, Simon, des prénoms qui ont connu une bonne période de popularité et qui pourraient redevenir à la mode dans 10 ou 20 ans. L'histoire des prénoms est cyclique.
Et si c'était le prénom de ton fils?
Que tu aies un Alexandre, un Simon, un Daniel ou un Philippe à la maison ou que tu cherches encore le prénom parfait pour ton garçon à venir, un prénom bien choisi mérite d'être célébré.
Chez bassinette., on découpe des prénoms dans le bois, depuis la Beauce. Parce que les premières années passent vite, mais un beau nom en bois sur le mur de sa chambre, ça reste.
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